Les Fins dernières

LES FINS DERNIERES

L'obligation d'annoncer l'Evangile et sérieusement.

" Annoncer l'Evangile n'est pas pour moi un titre de gloire, c'est une nécessité qui m'incombe. Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile ". ( 1Corinthiens 9, 16 )

Qui est-ce qui dit cela ? c'est saint Paul et je le reprends à mon compte surtout que nous sommes au mois de novembre qui est traditionnellement dans l'Eglise le mois de réflexion sur la mort et les fins dernières. Sur ce problème important le Père de toute bonté et de toute miséri-corde n'a pas laissé les hommes en proie aux erreurs de leurs propres opinions et jugements ou estimations.
Les lectures de ce troisième dimanche B nous parlent des vérités et des valeurs que nous trouvons dans ce grand mystère de la mort. Le texte du livre de Daniel annonce le temps où les morts ressusciteront les uns pour la vie éternelle, les autres pour la honte et déchéance éternelles
La deuxième lecture tirée de l'épître aux Hébreux nous souligne la valeur du sacrifice du Christ. Tandis que l'Evangile nous annonce la fin du monde et le second avènement de Jésus, bref il s'agit des fins dernières, vérités essentielles très importantes que le prédicateur doit traiter avec le plus grand sérieux.
Mais auparavant commençons par demander pardon à Dieu pour le prédicateur que je suis, qui a pu pécher contre la vérité par mes erreurs ou par mes timidités et pour ceux qui n'écoutent pas la vérité avec l'attention et le respect qu'ils doivent.

Sur quoi doit reposer la prédication?

Saint Paul le dit.
" Vous êtes la maison que Dieu construit. Tel un bon architecte j'ai posé le fondement, un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. De fondement, en effet, nul ne peut poser d'autre que celui qui s'y trouve, c'est à dire, Jésus Christ.
Que si sur ce fondement, on bâtit avec de l'or, de l'argent, des pierres précieuses, du bois, du foin ou de la paille, l'œuvre de chacun deviendra manifeste. Le Jour ( du jugement ), en effet, la fera connaître, car il doit se révéler dans le feu, et c'est le feu qui révèlera la qualité. Si l'œuvre bâtie sur le fondement subsiste, l'ouvrier recevra une récompense. Si son œuvre est consumée, il en subira la perte. Quant à lui, il sera sauvé, mais comme à travers le feu ". ( 1 Corinthiens 9, 17 et suivants ). Telle est l'exhortation que saint Paul fait à ses disciples et à nous.

Sur quoi reposent les dogmes de l'Eglise ?

C'est sur ce fondement, Jésus-Christ et sa Parole, qu'après Pierre et Paul, l'Eglise s'est bâtie, à travers les siècles, sous la motion de l'Esprit Saint qui conduit les disciples et les fidèles du Christ à la vérité entière et leur rappelle ce que le Christ a enseigné ainsi que l'Ecriture Sainte.
C'est ici que se pose une question importante : " Est-ce que tous les dogmes que l'Eglise propose à notre à notre foi sont textuellement écrits dans la Bible, dans les Evangiles ?

Eh bien ! Non ! Par exemple, il n'est écrit nulle part dans la Bible ni dans l'Evangile que Marie est Mère de Dieu, qu'elle est montée au ciel corps et âme, qu'elle est Immaculée Conception. Mais au Concile d'Ephèse il est apparu aux Pères de l'Eglise qu'il fallait proclamer la vérité de la maternité divine de Marie, si l'on veut comprendre correctement la divinité de l'Homme-Dieu qu'est Jésus.
Marie n'était pas Mère d'un homme qui est dieu, comme une femme est mère d'un homme qui est évêque sans avoir mis au monde son caractère sa qualité d'évêque. Elle est Mère de Dieu grâce à la puissance de l'Esprit Saint
Il y a, en effet, des vérités qui sont comme enveloppées dans l'Ecriture Sainte et dans les Evangiles, et qu'il appartient à l'Eglise sous l'assistance de l'Esprit Saint, de désenvelopper, d'expliciter pour la perfection de l'intelligence de notre foi. Et c'est le travail des théologiens, travail important des experts, des virtuoses de l'intelligence de la foi qu'ils sont. Et alors nous avons à distinguer les vérités de foi divine, comme celle de pouvoir de chasser les démons et d'absoudre les péchés, et les dogmes définis par le Magistère de l'Eglise qui explicite les vérités révélées.

Des charismes importants essentiels dans la vie de l'Eglise

Je citerai quatre sortes de charismes qui sont des charismes essentiels dans la vie de l'Eglise.
1) Il y a le charisme ordinaire des ministres de l'Eglise enseignante que sont le Pape et les évêques qui ont le devoir d'annoncer l'Evangile.

2) Deuxièmement il y a le rôle des personnes que le Cardinal Congar range dans ce qu'il appelle l'Eglise renseignante. Ce sont les théologiens qui par leur travail renseignent le Pape et les évêques.

3) Troisièmement les prophètes et les mystiques dont le don est souvent un charisme extraordinaire, qui discernent et engagent la foi dans les événements sous la motion de l'Esprit Saint. Les charismes de cette catégorie varient beaucoup. Saint Dominique et saint François, par exemple, furent des prophètes qui ont soutenu l'Eglise au moment où elle vacillait dangereuse-ment. Mais leurs charismes institutionnalisés ne font pas de tous les dominicains et de tous les franciscains des prophètes.
Le laïc, homme politique chrétien, Robert Schumman, dont on a introduit le procès de canonisation fut, avec d'autres démocrates chrétiens des prophètes pour la pacification et l'unification de l'Europe dans des valeurs de la civilisation chrétienne.
Les charismatiques et les voyants comme le Père Tardif, Vassula, Viscka de Médjugorje et d'autres sont des prophètes, des mystiques qui enseignent profondément sur Dieu et actualisent par leurs charismes de guérisons par exemple, les promesses que le Christ a faites à ses disciples.
Alors comme dit saint Paul aux Théssalociens et que le Concile a rappelé : " N'éteignez pas l'Esprit, ne dépréciez pas les dons de prophéties, mais vérifiez tout, ce qui est bon retenez-le ". ( 1Thessaloniciens 5, 20 )

4) Enfin la quatrième catégorie de personnes comporte les saints qui approfondissent dans leurs cœurs l'ineffable vie en Dieu, l'union avec Dieu au-delà des paroles, lumière au-delà des mots.
L'apport des mystiques et des saints doit rappeler aux théologiens qu'ils ne doivent pas se laisser piéger par la raison parce que l'objet de leurs études, Dieu et ses vérités est au-dessus de la raison.
C'est à partir du XIIième siècle que la théologie en s'appuyant sur la philosophie a pris son essor comme science. Et dès le début on a senti le danger du rationalisme et le pape Grégoire IX demanda solennellement aux théologiens de rester théologiens et de ne pas devenir des philo-sophes. Albert le Grand, Thomas d'Aquin, Duns Scott, Bonaventure resteront théologiens et leur sainteté y a été pour beaucoup. Le théologien doit se souvenir constamment que c'est l'homme qui est à l'image de Dieu et non Dieu qui est à l'image de l'homme. Alors la raison humaine est constamment interpellée et la conversion de l'homme est une nécessité urgente et permanente.
Il y a une complémentarité entre la théologie et la mystique que représentent les saints et les prophètes. Les mystiques peuvent stimuler la théologie, jouant le rôle de renseignants que les théologiens jouent auprès de l'Eglise enseignante que sont le Pape et les évêques.
Quand on parle de l'Eglise, c'est tout cet ensemble-là, ce n'est pas seulement le prédica-teur qui vous parle et pourrait vous dire ses théories et ses sentiments à lui. Le prédicateur doit bâtir sur ce fondement de l'Eglise qui bâtit sur les fondements posés par les Apôtres Pierre et Paul, avec ses pasteurs, ses théologiens, ses prophètes, ses saints et ses mystiques.

Que savons nous de la mort et des fins dernières ?

Alors pour notre réflexion sur la mort et les fins dernières, posons-nous la question : qu'est-ce qu'on sait sur le monde invisible qui nous entoure, l'au-delà, ce qui se passe après la mort, ce qu'il y a au-delà de la mort ?
Toutes les civilisations de par le monde, les blancs, les noirs, les jaunes, les bruns par leur effort de réflexion et par leur expérience ont pu savoir pas mal de choses sur les êtres invisibles qui nous entourent et sur les âmes de ceux qui nous quittent en laissant leurs corps mortels à la poussière. Et cela a fait la base de leur philosophie, leur vision du monde et de la vie.

C'est intéressant de voir leurs similitudes, leurs erreurs et cela à la lumière de la Parole révélée. C'est très important de savoir ce qu'il y a dans l'invisible et après la mort, car Dieu ne veut pas nous prendre par surprise. Aussi bien on sait beaucoup de choses, à nous de savoir écouter pour notre profit.

Je dis cela parce il y a, même parmi les chrétiens bien des théories et d'opinions qui courent. Il y a des protestants par exemple qui ne croient pas au purgatoire et je puis vous montrer un article d'un prêtre théologien catholique qui veut prouver que pratiquement l'enfer est si horrible que la miséricorde de Dieu ne peut pas le laisser exister. Ça peut être touchant d'entendre de telles théories. Ces opinions peuvent avoir l'agrément des narcotiques dont les fumées vous ber-cent et vous endorment. Mais si on s'y laissent prendre en négligeant les efforts de conversion et que la mort vous prend par surprise, le réveil peut être brutal et dramatique désespérément dramatique, car la mort n'est pas un anéantissement, c'est l'éveil à une autre vie. Les mystiques et les saints par don surnaturel nous le disent et naturellement les morts cliniques qu'on a réussi à ramener à la vie le disent aussi.

Ceux qui peuvent nous renseigner sur les fins dernières, sur ce qui se passe après la mort, c'est donc l'Eglise enseignante, le pape et les évêques unis au pape, les théologiens qui travaillent sous leur autorité et sur les fondements posés par Paul, les mystiques et les saints comme le Padre Pio qui, par une grâce divine, nous donnent des précisions et des révélations sur ce qui se passe au-delà de la mort.

Les mystiques et les prophètes qui vivent avec nous, nous le donnent par une grâce spéciale tandis que les saints canonisés comme les Padre Pio, viennent de l'au-delà pour nous donner des renseignements concrets sur ce qu'est par exemple le purgatoire, le ciel et l'enfer. Pour des raisons qu'on n'a pas le temps de détailler ici, ce que, dans la viei courante d'aujourd'hui, nous apprenons des mystiques, des prophètes et des saints ou des âmes des défunts eux-mêmes n'est pas classé comme des vérités de foi divine ni même comme des vérités de foi catholique. On ne peut pas ériger l'histoire en dogme. Nous devons savoir qu'avec la foi nous continuons à vivre l'histoire sainte.

Alors sur nos fins dernières que dit l'Eglise?

L'Eglise enseigne qu'après la mort, l'âme paraît devant Dieu pour le jugement particulier, après lequel il va au ciel ou au purgatoire ou en enfer. Au Ciel on voit Dieu face à face dans un bonheur éternel. Le purgatoire reçoit ceux qui sont morts en état de grâce, c'est à dire unis à Dieu, mais ne sont pas libres de tout péché véniel et toute peine temporelle.

L'Eglise a toujours enseigné qu'on peut venir au secours des âmes du purgatoire, alléger, abréger ou écourter leur séjour en ce lieu, par le sacrifice de la messe, nos propres sacrifices, les indulgences que nous obtenons par exemple par la récitation de l'angélus.
L'enfer est le lieu des tourments éternels. Voici ce que dit Jean-Paul II :
" L'homme se trouve face à une alternative : ou bien il vit avec le Seigneur dans la béatitude éternelle, ou bien il reste loin de sa présence. Pour ceux qui se trouvent en condition d'ouverture à Dieu mais de façon imparfaite, le chemin vers la pleine béatitude exige une purification que la foi de l'Eglise illustre dans la doctrine du Purgatoire ".

Voilà ce que le Pape Jean-Paul II rappelait le 4 août 1999. Et il appuie et démontre cela par de longues citations de l'Ecriture Sainte et des conciles de l'Eglise.
Dans une autre allocution le 28 juillet 1999 le Pape parle de l'enfer comme le lieu de la peine définitive sans possibilité de retour ou d'allégement de la douleur. Et il poursuit en disant : " La damnation demeure une possibilité réelle, mais il ne nous est pas donné de connaître, sans révélation divine particulière, si les êtres humains et lesquels sont effectivement concernés ".

L'Eglise cependant béatifie et canonise des saints les déclarant au Ciel, mais c'est après avoir instruit leur cause et reçu des signes, c'est à dire des faits surnaturels que sont les miracles, des signes qui donnent pour ainsi dire l'avis de Dieu tout-puissant.

Ce que les mystiques et les voyants nous apprennent de l'au-delà

Le Pape a dit que sans révélation particulière on ne peut savoir le sort des personnes décédées parce qu'effectivement des saints, des mystiques et des voyants ont pu voir, par révélation divine, les bienheureux du ciel, les âmes du purgatoire ou des damnés.

Et quand Dieu le permet c'est pour notre enseignement.

C'est ainsi que les voyants de Fatima ont vu des personnes qu'ils connaissaient qui étaient damnées. Et lors de l'éruption d'un volcan en Italie où un village a été touché et des personnes qui ont péri, une voyante de l'Escorial a vu un enfant de huit ans aller en enfer. Cela doit nous faire sursauter n'est-ce pas ? Cela doit aussi nous faire réfléchir sur le mystère de la personne humaine, sa conscience, sa liberté sa capacité de refus ou d'acceptation et la nécessité de l'éducation qui est le premier apostolat qu'on reçoit des parents chrétiens.
Tandis que les voyants de Medjugorje on pu voir le ciel et le purgatoire. Ivanka a cinq fois vu sa mère décédée en 1981 et à chaque fois la beauté de sa mère augmentait. C'est à dire qu'au ciel on ne vieillit pas on rajeunit. La beauté de jeunesse qui accroît indéfiniment vient de la contemplation de Dieu qui vivifie et crée indéfiniment d'une manière qui dépasse la compréhension de notre raison. Vicka et Jakov furent impressionnés par leur visite au Purgatoire en compagnie de la Vierge. " En entendant les gémissements de ceux qui souffrent dans ce lieu, témoigne Vicka, une grande peine nous a saisis. Sans une grâce spéciale nous n'aurions pas supporté d'être là ". Et alors elle demande de prier instamment pour eux et d'obtenir des indulgences pour eux comme l'Eglise nous le recommande.
Un purgatoire léger fut celui de la carmélite d'Avignon qui passa trois jours dans le lieu où elle a vécu et fut libérée après qu'on eut dit le rosaire et la messe pour elle. Elle devait se purifier dans les lieux où elle l'a vécue, de l'amertume qu'elle avait gardée contre des injustices qui lui avaient été faites. Le Père au paradis n'accepte aucune imperfection et Il demande qu'on par-donne même à ses bourreaux.
Bien plus léger encore fut le purgatoire du Padre Pio. Voici ce qu'en 1968, après sa mort, il révéla à une âme victime : " Moi, Père Pio, j'ai la permission de te communiquer ce qui m'est arrivé dès que j'eus expiré. Le Dieu Tout-puissant, très juste et tout aimable, a permis que mon âme demeure trois jours encore au pied du tabernacle, sur la terre, pour réparer toutes les irrévérences qui avaient été commises à cause de ma présence qui faisait accourir dans le sanctuaire les foules empressées. Le fait d'être resté au pied du tabernacle ne signifie pas que j'ai été privé de la sainteté que l'infinie bonté de Dieu a bien voulu m'accorder. Au moment où j'ai trépassé, j'ai compris, dans la lumière divine, la nécessité d'un acte de complète réparation pour toutes les âmes qui ont commis, tant d'années durant, à cause de moi, tant de manque de respect devant le T.S. Sacrement ".

Cette révélation est pleine d'enseignements : d'abord comment penser le temps dans l'éternité surtout avec ceux du purgatoire, ensuite la nécessité de la réparation et la valeur de la peine, de la douleur, du sacrifice, surtout le sacrifice du Christ et les douleurs de sa Mère pour la réparation des péchés.

Contentons-nous seulement ici de les avoir évoqués, sans nous effrayer devant les terribles réalités de l'enfer et la possibilité d'y aller. Le Christ nous demande de n'avoir pas peur, de le suivre.
Les péchés les plus graves, les plus redoutables sont l'orgueil qui a dressé Lucifer et les mauvais anges contre Dieu, le péché contre l'Esprit Saint. Le péché contre l'Esprit Saint consiste à fermer les yeux sur la vérité de Dieu malgré les signes de sa présence et de sa puissance. Ce péché découle de l'orgueil de la raison qui s'enferme dans sa suffisance, comme le pharaon d'Egypte devant Moïse, le Sanhédrin et les pharisiens devant Jésus et ses miracles.
Un autre péché irrémissible est enfin le manque de confiance en la miséricorde de Dieu. Ce fut le cas de Judas. Ayant découvert l'horreur de son crime, le dégoût de lui-même l'a amené à se supprimer par la pendaison. Il n'a pas voulu voir que la Bonté, la Miséricorde de Dieu, de Jésus et de Marie surpassait son péché. Car, comme dit saint Paul, là où le péché a abondé la grâce a surabondé.

Demandons au Christ et à sa Mère un bon esprit. Demandons-leur l'enfance spirituelle qu'on ne peut avoir sans humilité, l'enfance spirituelle pour savoir écouter notre Mère l'Eglise en ses pasteurs, en ses théologiens, en ses saints, ses mystiques, ses prophètes et nous entendrons pour notre salut les leçons et les merveilles de la création et du salut que le Père par le Christ nous a apportées et que l'Esprit Saint nous rappelle et renouvelle constamment pour nous au milieu de la tourmente du monde. La tourmente n'est que la bataille entre le Ciel et l'enfer, bataille dont nous sommes l'enjeu. Mais n'ayons pas peur encore une fois, mettons-nous sous le manteau de la Vierge, dans l'Esprit elle nous mènera au Fils qui nous conduira au Père de toute Miséricorde et de toute Bonté, le Père qui nous aime, " trop même ".

Père René Bélemsìda Guirma OP

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